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Bourse aux Cartels

Fenêtres sur fantasme

Conversation avec Anne Lysy

Jeudi 19 octobre 2023 à 21h

La soirée de rentrée des cartels s’est emparée de la thématique du fantasme qui cette année, nous mettra au travail dans les ateliers de lecture de notre ACF et à la Section Clinique d’autant que Lacan nous signale que « S’il y a quelque chose que nous apprend l’expérience psychanalytique, c’est bien ce qui concerne le monde du fantasme. » [1.]

Lors de cette soirée de rentrée, nous ouvrirons quelques fenêtres sur ce monde à partir des questions qui ne manquent pas de surgir dès que nous nous en approchons.

Le sigle du fantasme, S (barré) ◇ a, est fait nous dit Lacan « pour permettre vingt et cent lectures différentes... » [2 En effet, le fantasme est un appareil complexe. Il est à la fois : « une représentation, une scène dans l’imaginaire, et aussi une articulation signifiante où est présent le sujet du signifiant, de surcroît complété par une quantité libidinale marquée objet a. » [3] En cela,il conjugue signifiant et jouissance.

Au fil de son enseignement, Lacan a utilisé une série de métaphores pour rendre compte de la fonction particulière du fantasme par rapport au réel qui confronte chaque sujet à l’impossible à dire et à supporter : un recours, un voile, une fenêtre. Partons de la fenêtre en nous appuyant sur la phrase de Lacan qui fait de la fenêtre, rien moins que « le rapport structural du sujet au monde. » [4]

C’est ainsi d’ailleurs que Gérard Wajcman n’hésite pas à dire que nous sommes « des animaux -à -fenêtre. » [5] Lafenêtre est donc « ce par quoi nous cadrons le monde, nous nous encadrons dans le monde et nous tenons à distance le monde. » [6] La fnêtre est un terme particulièrement bien choisi pour donner à voir la double fonction du fantasme. D’une part la fenêtre du fantasme permet d’appréhender le réel, il nous en donne un aperçu et, d’autre part, elle protège d’un rapport direct qui nous laisserait sans recours face à l’impossible à supporter. Ce qu’indique la phrase de Lacan selon laquelle « le fantasme constitue pour chacun sa fenêtre sur le réel. » [7]

Une fenêtre est souvent habillée d’un voile, l’autre nom du fantasme pour Lacan. Ce voile masquant le réel de la jouissance est aussi la surface sur laquelle peuvent s’inscrire les petits scénarios permettant d’interpréter la rencontre avec le désir de l’Autre qui de structure suscite l’angoisse. Et même si « ce voile doit bien avoir quelque fonction essentielle pour la sécurité du sujet en tant qu’il parle » [8], c’estpourtant ce voile que « nous-mêmes, analystes, essayons de lever dans notre pratique, non sans qu’il nous donne (...) quelque fil à retordre. » [9]

Lever un voile n’est pas le déchirer ! Il faut tout le parcours d’une analyse pour réduire les fantasmes inconscients au fantasme fondamental et qu’une traversée puisse se produire. N’est-ce pas depuis cette traversée qu’un savoir peut se dégager pour le sujet qui peut alors repérer la grammaire fantasmatique de son fantasme, déceler la cause de son désir et l’objet auquel il est accroché pour que chute cet objet ?

Nous le voyons, le fantasme constitue le plus intime du sujet, le repérer est donc essentiel pour la direction d’une cure. Comment repère-t-on le fantasme ? S’agit-il de repérage ou de construction ? Comment opère-t-on sur le fantasme ? La traversée du fantasme est-elle la fin de l’analyse ?

Autant de questions, de fils à tordre qui animeront la soirée de conversation avec Anne Lysy.

Au terme de cette conversation, une Bourse aux cartels sera organisée afin que chacun qui le souhaite puisse trouver à former un cartel. Cette soirée offrira une possibilité de rencontre pour de futurs cartellisants.

. Lacan J., Le Séminaire, Livre XVII, L’envers de la Psychanalyse, texte établi par J.A. Miller, Paris, Seuil, 1991, p. 55.

 Lacan, J., « Subversion du sujet et dialectique du désir dans l’inconscient freudien », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 816. 

 Miller, J.-A., L’ os d’une cure, Navarin éditeur, Paris, 2018, p. 28.
4Lacan, J., L’objet de la psychanalyse, leçon du 11 mai 1966, inédit.
5. acjman, G., Fenêtre, Chroniques du regard et de l’intime, Verdier, 2004, p. 21. 

 Lacan J., « Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 254.

. Lacan J., Le Séminaire, livre VI, Le désir et son interprétation, texte établi par J.-A., Miller, La Martinière et Le Champ Freudien Éditeur, 2013, p. 351.

Ibid.